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Entretien avec Bernard Saint-Girons, président d’Université Paris-Est

Le 29 mai, Redoc Paris-Est a rencontré le président d’Université Paris-Est. Alors que le nom de son successeur au PRES est désormais connu, Bernard Saint-Girons fait le bilan de son mandat, en particulier sur les questions doctorales, et sur les évolutions à venir.

Bernard Saint-Girons

Bernard Saint-Girons, président du PRES Université Paris-Est

Alors que le projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche venait d’être voté la veille en première lecture à l’Assemblée Nationale, Bernard Saint-Girons en a présenté l’impact probable sur le PRES Université Paris-Est. Rappelant les motivations de la création des PRES, pour améliorer visibilité internationale et coopération entre établissements d’enseignement supérieur et de recherche, il a présenté les spécificités d’Université Paris-Est, qui avait choisi notamment de prendre en charge la fonction doctorale, de l’inscription des doctorants à la délivrance du diplôme, une innovation au niveau national. Ces fonctions seront maintenues avec le nouveau statut de Communauté d’universités et d’établissements pour Université Paris-Est, qui gardera aussi son nom par de là les mutations statutaires observées. Ces évolutions légales favoriseront de plus une politique de site, sous la tutelle du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche mais aussi, sous des formes à préciser, des autres ministères dont dépendent des établissements de formation et de recherche.

La mise en place d’Université Paris-Est avait déjà permis de réduire le nombre d’écoles doctorales à six en favorisant l’interdisciplinarité, et de maintenir le nombre de doctorants dans un contexte de baisse nationale. Université Paris-Est a également obtenu de beaux succès aux appels à projets nationaux : des financements en tant que « campus prometteur » pour l’Opération Campus, et des financements dans le cadre du programme des investissements d’avenir avec 5 projets de Labex retenus sur les 6 déposés, un Equipex, et la création d’une SATT, société d’accélération de transfert de technologie, en collaboration avec le PRES Sorbonne Paris-Cité.

Une politique volontaire d’ouverture internationale a aussi été engagée, même si la mutualisation des fonctions internationales des établissements doit encore être poursuivie. Ainsi, Université Paris-Est fait la promotion des doctorats en cotutelle et s’implique dans plusieurs grands programmes internationaux de type Erasmus Mundus ou Tempus. Il propose également des financements de mobilité internationale pour les doctorants, et invite des professeurs de renommée internationale pour des séjours de recherche et des conférences à Paris-Est.

Bernard Saint-Girons a alors évoqué des questions plus directement liées aux doctorants. L’audition par l’IGAENR dans le cadre d’une mission portant sur le contrat doctoral, et l’enquête réalisée par Redoc à cette occasion, ont notamment permis un début de réflexion sur la procédure d’attribution des contrats doctoraux, dossier qui sera mis en œuvre par son successeur. Alors que le projet de loi sur l’enseignement supérieur et la recherche a été marqué par un débat animé sur la reconnaissance du doctorat dans la haute fonction publique, la précarité des jeunes chercheurs reste une question difficile. La contradiction entre des thèses plus courtes et des exigences plus grandes pour le recrutement des maîtres de conférences conduit à des années de précarité pour les docteurs qui souhaitent devenir enseignant-chercheur ou chercheur dans le secteur académique : « c’est l’enchaînement des contrats qui pose problème ».

En ce qui concerne la préparation à l’habilitation à diriger des recherches, également délivrées par Université Paris-Est, Bernard Saint-Girons considère qu’elle pourrait aussi servir à la formation des futurs encadrants de thèse. Selon lui, c’est une formation par la pratique, avec un co-encadrement, qui est la meilleure façon de transmettre ces compétences d’encadrement. Il est également revenu sur les diverses formes du doctorat : au-delà du doctorat « classique » en formation initiale, le doctorat sur travaux, ou en validation des acquis de l’expérience, permettent de reconnaître une pratique professionnelle de la recherche, dont les résultats sont réunis sous forme d’une thèse. Un doctorat à temps partiel correspond à un aménagement du temps de travail ou à un congé formation prévu pour l’activité de recherche doctorale, mais « il est inenvisageable de parler de « temps partiel » pour un petit boulot exercé en parallèle pour pallier l’absence d’un financement ».

L’entretien s’est terminé par deux conseils sur le doctorat. Tout d’abord, « osez le doctorat ! ». Bernard Saint-Girons recommande cette « vraie première expérience professionnelle, qui permet aussi de mieux se connaître soi-même face à des situations difficiles, et de mieux apprendre les autres dans un travail d’équipe ». Et pour les doctorants en fin de parcours, il les encourage à garder la motivation jusqu’au bout, au moment du « long travail fastidieux d’écriture » : « ne pas sortir du bassin avant d’aller au bout de la longueur ! »

Pour aller plus loin : l’entretien complet avec Bernard Saint-Girons

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