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Le montage de collaborations et de projets internationaux

En introduction de la première session de l’événement Le doctorat, passeport pour l’international, dédiée au montage de projets de recherche internationaux, Redoc a donné quelques chiffres tirés d’une étude des affiliations dans les publications de recherche, publiée en septembre 2013. Les collaborations de recherche inter-états et avec des pays tiers sont plus fréquentes aux États-Unis (respectivement 16% et 30% des publications) qu’en Europe (respectivement 13% et 23%), même si la tendance européenne est à la hausse depuis une dizaine d’années. Ces collaborations ont un effet positif sensible sur le nombre de citations : 1,6 fois plus de citations pour les publications françaises avec un coauteur d’un autre pays européen, et 1,8 fois plus pour un coauteur d’un pays hors Europe, par rapport aux publications françaises où tous les co-auteurs sont dans la même institution.

Le podcast de la session (2h04)

DPI-Session_1-FusaiFace à cet impact positif important des collaborations internationales, plusieurs outils de financement ont été mis en place au niveau européen pour favoriser le montage de projets de recherche internationaux. Guillaume Fusai, du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, les a présentés (vidéo). Ces projets sont tous financés par le budget européen « Horizon 2020 » attribué pour la recherche et l’innovation entre 2014 et 2020. Habituellement, la France contribue plus à ces crédits qu’elle n’en bénéficie, essentiellement en raison d’une participation insuffisante aux appels, il ne faut donc pas hésiter à déposer des dossiers de candidature.

Certains types de projets (ITN, RISE, etc.) sont déposés par la structure qui recrutera des jeunes chercheurs sur des postes à durée déterminée. Dans ce cas, les postes proposés sont toujours diffusés sur le site Euraxess. Il existe également des « bourses individuelles » ouvertes à des chercheurs ayant déjà 4 ans d’ancienneté (incluant le doctorat et d’éventuels stages de recherche de master), les actions Marie-Sklodowska-Curie (« individual fellowships ») qui apportent des financements individuels de contrats de « postdocs », ainsi que les financements ERC destinés à des projets plus ambitieux. Dans le premier cas, le dossier de candidature, d’une trentaine de pages, consiste à se présenter, ainsi que le projet de recherche, et l’institution hôte dans un pays étranger, en Europe ou ailleurs. Il faut toujours penser à mettre en avant ce que le projet vous apportera en termes de compétences acquises, ce qu’il apportera à l’institution hôte, ainsi que tout impact en dehors de la recherche académique (société, industrie, etc.).

Extrait : les financements individuels  Marie-Sklodowska-Curie (1 min 23)

DPI-Session_1-BrulatoutSylvie Brulatout-Conway, de Campus France, a ensuite présenté les PHC, partenariats Hubert-Curien (diaporama, vidéo), qui permettent le lancement de nouvelles collaborations entre une équipe française et une équipe d’un pays étranger. Ce dispositif existe actuellement dans 53 pays, finance environ 700 projets et plus de 5000 mobilités par an.

Campus France, dont la mission est de renforcer l’attractivité de la France pour les chercheurs et les étudiants, assure la gestion de ces programmes de mobilité. Pour cela, l’établissement collecte sur un site web dédié les projets candidats, et monte les comités de sélection qui comprennent un représentant des deux ministères financeurs (Enseignement supérieur et recherche, et Affaires étrangères), des experts et leurs homologues étrangers. Ils diffusent également les résultats de la sélection, et assurent le suivi financier des budgets accordés. Si les chercheurs doctorants ou « postdoc » ne peuvent être porteurs de projets PHC, leur implication dans un projet constitue un bonus important pour sa sélection. Ce dispositif constitue donc une opportunité de mobilité internationale pendant ou après le doctorat, à l’interface entre deux équipes qui commencent une collaboration.

Extrait : les partenariats Hubert-Curien (5 min 43)

DPI-Session_1-JanotsFace à ces dispositifs de financement pour les collaborations ou mobilités internationales, les chercheurs doivent être conscients de l’accompagnement qui peut être fourni par leur établissement dans le montage de leurs projets. Pascal Janots, du SAIC de l’Université de Paris-Est Marne-la-Vallée, a ainsi présenté l’ensemble des activités de ce service, en matière de contrats, internationaux en particulier (diaporama, vidéo).

Il a insisté sur la complexité de certains montages financiers en présence de partenaires étrangers, ou dans le cas de recrutement de jeunes chercheurs : leur expertise est alors très utile pour bien planifier les budgets, préparer les conventions, notamment en matière de propriété intellectuelle. Ils suivent également le projet tout au long de son déroulement. Leur connaissance des programmes de financement et de leurs modalités juridiques (collaboration, subvention, prestation de service) permet également de bien prévoir l’ensemble des aspects administratifs du projet, et assurer au mieux la valorisation de ses résultats.

Extrait : la propriété intellectuelle (5 min 11)

Table ronde

Les échanges entre les trois intervenants qui ont suivi ces trois présentations ont permis d’aborder le montage du projet dans un premier temps. Y compris pour les projets ne nécessitant pas de partie administrative détaillée comme Marie-Curie ou les PHC, Pascal Janots a précisé qu’un coaching, ou la relecture du projet scientifique par des chercheurs confirmés, sont très utiles. En ce qui concerne la recherche de partenaires, il a évoqué les contacts lors des colloques internationaux, et Guillaume Fusai a quant à lui insisté sur la complémentarité des partenaires réunis autour d’un objectif commun. Pour les PHC, il est important qu’il s’agisse de nouvelles collaborations, et le choix peut être limité par certaines contraintes géopolitiques : certains pays sont actuellement en attente d’une validation par la direction générale de la mondialisation au niveau du ministère des Affaires Étrangères. Pascal Janots a rappelé que le SAIC encourage fortement la participation aux colloques internationaux des jeunes chercheurs, afin de développer des contacts pour leurs propres projets de recherche et de carrière à l’international. En ce qui concerne le choix de la thématique du projet, l’attention à la qualité de la recherche limite l’effet de mode pour les projets ERC et Marie-Curie. Cependant, pour ces derniers, le fait de répondre à des problématiques européennes d’actualité peut avoir une influence sur l’évaluation de l’impact du projet soumis. La question de l’impact des projets de recherche a également été évoquée, en particulier en sciences humaines et sociales.

Extrait : le dépôt électronique des dossiers (2 min 07)

DPI-Session_1-table_ronde

Dans un deuxième temps, c’est le suivi et l’évaluation des projets de recherche qui ont été évoqués. Pour les partenariats Hubert-Curien, ce sont les ministères qui rassemblent les retours concernant la réalisation des projets, les ambassades effectuent aussi un suivi sur le long terme. Pour les projets européens, l’évaluation des résultats des projets se fait au niveau européen en impliquant des experts scientifiques. En particulier, la réalisation des livrables annoncés dans le projet soumis est vérifiée. Le SAIC effectue quant à lui un suivi de l’utilisation des fonds alloués au projet. En ce qui concerne les jeunes chercheurs impliqués dans les partenariats Hubert-Curien, la responsabilité du recrutement est laissée aux chercheurs impliqués dans le projet et Campus France n’intervient pas dans le processus, toutefois la présence d’un jeune chercheur brillant dans un projet soumis peut favoriser sa sélection. Le SAIC est attentif à l’accueil et aux perspectives de carrière de ces personnels en contrat à durée déterminée, en respectant la charte européenne des chercheurs. La Commission Européenne s’occupe du suivi du devenir des lauréats de bourses Marie-Curie, et réalise des études d’impact sur l’influence de ces collaborations internationales dans les projets de recherche.

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