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Partir à l’étranger pendant son doctorat

La deuxième session de la journée Le doctorat, passeport pour l’international, partait du constat que si beaucoup de doctorants envisagent une mobilité internationale durant leur doctorat, nombreux sont ceux qui ne réalisent pas ce projet car ils n’ont pas les clefs en main au moment où il se prépare, c’est-à-dire le plus tôt possible durant le doctorat. Cette session avait donc pour but de donner quelques unes de ces clefs.

  • Tout d’abord en revenant sur la question des financements, grâce à la présentation de Monsieur Bernard Lapeyre, directeur du département des études doctorales d’Université Paris-Est, chargé notamment des bourses de mobilité et de cotutelle (accédez au support de présentation, à la vidéo de la présentation ou encore au podcast).
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  • Puis en donnant la parole à quatre jeunes chercheurs lors d’une table ronde animée par R. Zelezny. Ils sont ainsi revenus sur leurs propres expériences de terrain et de séjour à l’étranger, illustrant la diversité des financements mais aussi soulignant les aspects pratiques incontournables (logement, visas, langue, etc.).

Cette courte synthèse reprend quelques points de la table ronde qui nous ont semblé essentiels. L’intégralité de la table ronde est disponible en version audio (accéder au podcast).

Présentation des participants

(T.S.) T. Soulas : Doctorant en Sociologie au LATTS, et actuellement demi-ATER à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, il travaille sur les écoles de gestion chinoises. Son doctorat porte sur trois écoles qui se situent dans 3 villes différentes : Canton, Shanghai et Hong-Kong. Il a réalisé dans ce cadre trois séjours de terrains. site web

(R.Z.) R. Zelezny (animation de la table ronde) : Doctorant en aménagement et urbanisme au LVMT, en co-direction franco-tchèque (École des Ponts, École d’Architecture de Prague), il travaille sur l’accessibilité piétonne aux stations de tramway en France et en République Tchèque. Il a dans ce cadre partagé son temps entre ces deux pays ces dernières années. site web

(A.F.) A. Favier : Docteure en science des matériaux, elle a effectué sa thèse au sein de l’IFSTTAR sur les liants alternatifs dans le génie civil en collaboration avec ESPCI Paris et l’ETH Zurich. Elle a réalisé un séjour de deux mois en Suisse à Zurich à l’ETH. site web

(S.H.) S. Haque : Docteur en socio-linguistique (Université de Grenoble 3), il poursuit des recherches consacrées aux pratiques linguistiques au sein des foyers d’immigrants originaires d’Inde, dans les pays européens. Il est chargé de cours à l’Inalco. Pour son doctorat, il a réalisé trois séjours à l’étranger : un séjour en Suisse, cinq mois de terrain en Suède puis dix mois de terrain en Finlande. site web

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Le montage du projet et son financement

Les interlocuteurs clef pour préparer son séjour et chercher un financement :

L’équipe de recherche en France et notamment le directeur de thèse : C’est le premier interlocuteur à solliciter. Un des rôles de votre directeur de recherche est de vous aider dans la préparation de votre séjour. Il a peut-être un réseau scientifique dans le pays où vous souhaitez aller. Il peut vous indiquer des moyens de financement dont vous n’avez pas connaissance. Ainsi T. Soulas souligne le rôle incontournable de sa directrice dans ses recherches de financement et S. Haque l’aide de sa directrice pour son premier départ vers la Suisse. Vos collègues de laboratoire peuvent également vous faire bénéficier de leur réseau. Peut-être même comme A. Favier, pouvez-vous bénéficier de l’aide d’un ancien collègue de bureau qui est parti à l’étranger.

Des chercheurs du pays où vous souhaitez aller : Si votre équipe n’a pas de contact à vous fournir, ne vous laissez pas abattre. S. Haque explique avoir lui-même contacté directement différents chercheurs dans des centres de recherche européens pertinents pour ses travaux, après une recherche via internet. Il leur a présenté son projet de recherche, son CV et sa nécessité de venir séjourner dans leur pays pour ses recherches. Ceux-ci lui ont envoyé des listes d’organisations finançant le séjour de chercheurs étrangers qui se sont révélées cruciales.

Organismes scientifiques locaux français : Les organismes qui entourent votre travail de recherche – laboratoire, université, institut de recherche, communauté d’université (anciennement PRES) – ont généralement des politiques de financement de séjours à l’international de leurs doctorants. Ainsi, plusieurs participants à cette table ronde ont eu des financements d’Université Paris-Est (A.F., T.S.). Voir la présentation de B. Lapeyre pour Paris-Est.

Organismes scientifiques nationaux français : Certains organismes financent des frais de terrain lorsqu’ils sont réalisés dans le cadre d’un projet de recherche financé. Ainsi, T. Soulas a bénéficié d’un financement issu d’un projet soutenu par l’Agence Nationale pour la Recherche ainsi que du soutien d’un groupement d’intérêt scientifique, l’IFRIS.

Site internet du ministère des affaires étrangères correspondant à sa nationalité : Les ministères des affaires étrangères listent généralement sur leur site différents partenariats scientifiques bilatéraux avec d’autres pays.

Accords bilatéraux et nationalité : Souvent, les partenariats scientifiques entre pays se font sous la forme d’accords bilatéraux. Dans le cas des accords de la France avec un autre pays, ils requièrent la nationalité française. Mais S. Haque note que dans certains cas, le fait d’être inscrit dans une université française peut suffire à remplir les conditions de soumission de dossiers.

Ambassades et organismes de promotion de la culture : Les États financent les séjours de chercheurs étrangers dans leurs laboratoires. Pour connaître ces financements et leurs modalités, adressez-vous à l’ambassade du pays ciblé. De plus, renseignez-vous sur les organismes de promotion de la culture qui existent dans ce pays (l’équivalent du programme français Égide). De même, ces différents organismes organisent parfois des salons présentant les études dans leur pays, cela peut être une source d’information. Ainsi, parmi nos intervenants, R. Zelezny a consulté l’ambassade française et S. Haque a bénéficié de l’aide du Swedish Institute pour trouver un financement en Suède et du Centre for International Mobility pour son séjour en Finlande. Les organismes qui aident à l’accueil des étudiants étrangers peuvent également vous aider pour les aspects pratiques (visas, accueil à l’arrivée, conseils sur les systèmes d’assurance maladie…). Il faut chercher les équivalents d’Acc&ss Paris-Est ou de Campus France dans le pays qui vous intéresse.

Les stratégies de co-financement : Si vous avez besoin d’un financement peu élevé, un seul organisme financeur suffit. Mais dès que vous cherchez un financement plus conséquent, il est fortement conseillé d’avoir des stratégies de co-financement. C’est-à-dire de diviser le financement du projet entre plusieurs acteurs et de mettre en valeur ce co-financement dans les dossiers. D’autre part, certains organismes peuvent financer seulement certains postes et pas d’autres. Il peut alors être utile de faire financer son billet d’avion par un organisme, les frais de terrain par un autre, etc… Ainsi, par exemple, T. Soulas a financé son séjour à Hong-Kong grâce à son laboratoire, à l’école doctorale OMI et à un projet soutenu par l’ANR.

Être accueilli dans une équipe de recherche sur place : incontournable

Deux démarches sont complémentaires : la recherche d’un financement et la recherche d’un organisme d’accueil. Celui-ci est un partenaire sur place qui a peut-être des pistes de financement ou qui peut chercher à monter un projet international.

Les quatre participants à la table ronde insistent sur l’importance de prendre contact avec des chercheurs du pays dans lequel on souhaite partir. Ces contacts sont essentiels pour différentes raisons. Notamment car les chercheurs d’un pays sont souvent bien renseignés sur les bourses permettant de faire venir des chercheurs invités, qu’ils soient docteurs ou doctorants. Les chercheurs sur place pourront également vous transmettre des informations essentielles pour l’organisation pratique du séjour (visa, logement). De plus, être accueilli officiellement dans un centre de recherche ou un laboratoire peut être indispensable pour l’accès à un visa ou à un financement. De nombreux organismes n’offrent de financement que si on est accueilli par un laboratoire, d’autres demandent au laboratoire d’accueil d’être porteur de la demande de financement.

C’est également important pour les gens qui font du terrain : c’est un atout pour l’accès à des ressources, donne de la crédibilité lors des entretiens, de même que ça permet d’avoir accès à un espace où travailler (T.S.). Mais selon les labos, l’intégration est faite à différents niveaux.

Organisation pratique du séjour : visa, logement, justificatifs…

DPI-Session_2-Table_rondeVisa et logement : L’obtention d’un visa et la recherche d’un logement peuvent être des points compliqués dans l’organisation du séjour. Dans les deux cas, être accueilli officiellement sur place est très important. De même qu’être inscrit à l’université comme étudiant peut apporter des avantages notables. Ainsi, pour deux de ses séjours, être accueilli dans un laboratoire et être inscrit à l’université en licence de chinois a permis à T. Soulas d’obtenir un visa étudiant, l’accès à des ressources scientifiques, mais également l’accès à un logement étudiant. S. Haque a également bénéficié d’un logement étudiant en Suède, puis en Finlande où il est passé dans un second temps à un logement privé. Le logement chez l’habitant peut aussi être une autre solution. C’est celle choisie par S. Haque lors de son séjour à Neufchâtel en Suisse, et par A. Favier qui n’a pas pu obtenir de statut étudiant lors de son séjour à Zurich car elle y restait trop peu de temps. Elle a opté pour la recherche d’un logement sur le site https://www.airbnb.fr. Chercher sur un site international lui a permis de trouver un logement chez une jeune femme parlant anglais. Attention, le fait de chercher un logement pour un temps court entraîne des négociations avec l’hébergeur et revient généralement plus cher (S.H., A.F.).

Financement et justificatifs : T. Soulas souligne que les financements sont assujettis à des justificatifs. Ce point rend difficile le fait de cumuler deux financements. Cela pose aussi un autre problème : il est nécessaire d’avoir des justificatifs au moins en anglais voire en français. La solution est alors d’envisager ses dépenses en envisageant la possibilité d’obtenir un justificatif. Parfois on doit alors renoncer à un logement moins cher. Traduire soi-même le justificatif peut être risqué vis-à-vis de l’organisme qui finance le séjour.

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Apprentissage de la langue et constitution d’une vie sociale sur place : Beaucoup des participants à la table ronde ont appris ou connaissaient la langue du pays dans lequel ils sont allés. Ainsi, R. Zelezny a étudié le français et étudié en France avant de se lancer dans l’aventure d’un doctorat en co-direction franco-tchèque. T. Soulas a quant à lui choisi son terrain car il étudiait le chinois (2 ans de licence à l’Inalco). S. Haque a appris le finlandais durant trois mois. Cet apprentissage de la langue est une aide bienvenue lors de l’intégration sur place, notamment dans les pays où la population parle peu anglais (T.S.). Cela peut également jouer dans l’obtention d’une bourse et être un moyen de montrer sa motivation (S.H.).

Mais dans certains cas de mobilité, l’anglais suffit comme langue d’échanges scientifiques internationale. A. Favier souligne que si on est rattaché à une université et accueilli dans une équipe de recherche, on peut se débrouiller en anglais et apprendre des rudiments de la langue pour la vie de tous les jours sur place. Il ne faut donc pas s’effrayer de la langue. Ainsi, A. Favier (Zurich) et S. Haque (Suède) ont ainsi réalisé deux séjours avec l’anglais comme langue de communication.

Même en parlant la langue, il n’est pas toujours facile de se sociabiliser avec des locaux. Les différences culturelles, le climat, font qu’il n’est pas toujours facile de rencontrer les gens et de tisser des liens. Nos différents participants soulignent l’importance de sortir de la vie de recherche et de voir ce qui se passe dans la vie locale. Même si on est souvent attiré par les groupes d’étrangers avec qui on partage beaucoup culturellement (A.F., T.S.). En plus de sortir avec ses collègues, les moyens de se sociabiliser peuvent être très divers : pratiquer le couchsurfing (S.H.), être étudiant sur place (T.S.), etc.

Que faire sur place ?

S. Haque souligne l’importance de cette question. Que l’on aille à l’étranger dans le cadre d’un séjour scientifique, pour finir ses expériences (A.F.) ou faire du travail de terrain (S.H., T.S., R.Z.). Il est très important de saisir cette opportunité pour rencontrer des gens, présenter son travail à des chercheurs et professeurs. Mais aussi pour publier. Enfin, les séjours à l’étranger sont un moment judicieux pour chercher ou mettre en place des projets de post-doctorat.

Et après ?

Les séjours à l’international durant le doctorat sont l’occasion de développer son réseau scientifique mais aussi de préparer l’après-thèse.

Tous les participants s’accordent sur l’importance du rôle de ces séjours dans la constitution et le renforcement d’un réseau scientifique. Ces réseaux pourront être source d’échanges scientifiques, faciliteront le départ ou l’accueil d’autres chercheurs mais représentent aussi des opportunités pour monter des projets internationaux (R.Z.) ou encore des facilités pour publier dans une revue éditée à l’étranger (T.S.). Ce réseau scientifique peut ensuite se traduire concrètement par la présence d’un responsable d’un centre ou équipe d’accueil du doctorant dans le jury de thèse (T.S.).

Ces séjours peuvent être l’occasion de monter des projets de post-doc avec les laboratoires d’accueil. Ainsi, même si S. Haque ne repartira pas dans les prochaines années pour des raisons familiales, ces séjours lui ont ouvert une opportunité de post-doc en Suède. Mais également dans d’autres centres de recherche à proximité. A. Favier a profité d’être en Suisse pour candidater à des post-doctorats et passer des entretiens. Elle repart ainsi à Lausanne d’ici peu.

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