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Trajectoires : poursuivre sa carrière à l’étranger après un doctorat

La troisième session de la journée Le doctorat, passeport pour l’international était consacrée à la poursuite de carrière à l’étranger après un doctorat.

Le podcast de la session (1h49)

Redoc a introduit la session en reprenant les résultats d’un rapport d’Adoc Talent Management, paru en septembre 2013, sur les docteurs franciliens récemment diplômés. Le rapport montre le caractère homogène des départs : les post-docs représentent 92% des expériences à l’étranger, avec comme destination principale les Etats-Unis et le Canada, suivis par l’Allemagne et le Royaume-Uni. Le rapport illustre également le caractère volontaire des départs, et le fait que les doctorants désireux de s’expatrier y parviennent.

Intervention de Catherine Gayda

DPI-Session_3-GaydaAvoir un projet. Le premier message est clair : partir à l’étranger ne s’improvise pas et doit s’inscrire dans un projet professionnel. C’est le fil conducteur de la présentation de Catherine Gayda (ABG) sur la recherche d’emploi à l’international (vidéo).

Trouver un poste. Le premier élément qu’elle met en exergue est la question des compétences. A l’étranger comme en France, ce sont les compétences professionnelles qui priment dans le recrutement. Outre l’expertise scientifique et technique, résoudre des problèmes, travailler en équipe mais aussi trouver des informations, travailler en réseau, savoir faire parler les gens sont autant de compétences, mais les identifier implique un travail sur soi et sur son parcours. Le niveau de compétence doit également être en adéquation avec les exigences du poste. La première expatriation est ainsi difficile pour les docteurs en sciences humaines, car leur expertise est fortement liée à la maitrise de la langue. Certains docteurs choisissent ainsi de partir sur des postes moins qualifiés, d’apprendre l’anglais puis de rebondir sur des postes plus intéressants.

Trouver les opportunités. Autre élément fondamental est la connaissance du marché de l’emploi à travers une veille (presse spécialisée, publications, entreprises déposantes de brevets, salons professionnels…). Le « réseau » reste la source privilégiée d’informations sur les postes disponibles à l’étranger. Les doctorants trouvent souvent leurs post-doc grâce au réseau de leur directeur de thèse, ou via des chercheurs rencontrés lors de colloques.

Internet donne facilement accès à de nombreuses informations sur les pays et sur les opportunités existantes. La plupart concerne l’Amérique du Nord et l’Europe. Pour l’Afrique ou l’Amérique du Sud, où les projets sont plus rares, il y a moins de ressources en ligne, mais cela ne signifie pas que les opportunités n’existent pas. Pour les trouver, il ne faut pas hésiter à passer par d’autres biais.

Les sites de recherche d’emploi changent très rapidement et sont spécifiques aux pays et secteurs. Une liste est néanmoins disponible (voir ci-dessous). Dans certains cas, notamment en Suisse, il peut être utile de prendre contact avec les agences de recrutement (par exemple Kelly Scientific en chimie).

Parmi les organismes officiels, la Maison des Français de l’Etranger donne des informations générales (imposition, contrat de travail, protection sociale). On peut aussi s’inscrire aux mailing listes des ambassades. Les bulletins électroniques des ambassades permettent de suivre l’actualité technologique. Le fil de Marianne couvre la recherche en Amérique du Nord. On peut également citer le CIFRU, pour le Royaume-Uni, ou Sciencescope pour le Japon. D’autres informations sont disponibles sur le guide de mobilité internationale de l’ABG.

Table ronde

Ces éléments présentés par Catherine Gayda ont été repris et mis en perspective avec l’expérience des intervenants lors de la table ronde. Celle-ci était composée de Thomas C. (INSERM), et Sherri S. (Laboratoires Servier). Ils ont été rejoints par Hugues T. (Professeur à l’ESIEE) qui conclu la session.

DPI-Session_3-table_ronde

Motivations au départ. Les motivations au départ sont à la fois personnelles et professionnelles. Dans certains domaines scientifiques, partir en post-doctorat est un passage obligé dans un parcours de chercheurs : « Je suis parti deux ans à Vancouver [….] il faut partir à l’étranger, c’est un passage un peu obligé en biologie, pour être chercheur, chargé de recherche ou maître de conférence universitaire ». Partir à l’étranger, c’était l’opportunité d’aller dans un institut de pointe : « I did my doctor work in the US […] but I chose to come here for an opportunity to work at Pasteur which for everyone in the US is one of the best places for research in the world » ou encore « [Mon choix] c’était en premier lieu, le laboratoire: un laboratoire mondialement connu et très bien coté. En deuxième lieu, le projet ».

Les motivations personnelles s’ajoutent aux motivations professionnelles, notamment le désir de voir quelque chose de différent : « I chose to have a completely different experience when I moved here, not knowing the language… » ou « Depuis le début; je voulais partir à l’étranger au moins pour voir ce qui se faisait ailleurs ». Outre les départs que l’on choisit, on y est parfois poussé pour des raisons familiales ou autres contraintes : « je n’avais pas le choix ».

Comment trouver un poste. Pour trouver leurs postes, ils ont trouvé des postes par leur réseau, ou se sont portés candidats soit en répondant à une offre existante (« I searched for a job through company websites, and I found a position in a communication department »), soit en envoyant des candidatures spontanées.

Dans ce dernier cas, la persévérance est fondamentale : « j’ai d’abord utilisé le réseau de mon directeur, de mes co-encadrants mais par contre [pour] mon poste, j’ai envoyé de façon spontané une lettre de motivation ». La candidature spontanée est donc une manière de décrocher un poste intéressant à l’étranger, en se donnant la possibilité de choisir entre plusieurs alternatives. Mais cela se mérite! « Et sur les 200 ou 300 emails que j’ai envoyé, j’ai eu 5 réponses positives […] C’était à la fin de ma thèse, en deux trois mois » et demande de faire des compromis « Il faut quand même sélectionner [mais] si on est obnubilé par une ville, un laboratoire, là, cela devient vraiment difficile. »

Un atout peut être le fait d’être parti avant : « ils apprécient qu’on ait eu une petite expérience avant au Canada. Parce que ça les rassure, ils savent qu’on connait mieux le pays, comment ça fonctionne. »

Différents systèmes de recherche. Une expérience à l’étranger permet de prendre du recul sur son propre pays et de prendre conscience des différences qui séparent la recherche en France et dans d’autres pays. Différence dans les moyens alloués : « Vancouver, ça ressemble énormément aux Etats-Unis […] j’étais dans un gros laboratoire qui avait beaucoup de moyens… alors on était plus dans une démarche de produire beaucoup, de travailler énormément, engager beaucoup de personnes alors qu’en France, on est plus à essayer d’être plus efficace avec moins de moyens ». Une autre différence évoquée est celle de l’organisation des carrières « The system is different for progression. In the US, you apply for ten-years position », et celle de la liberté du chercheur « La structure de recherche en France, elle a un avantage énorme, c’est que vous êtes essentiellement extrêmement libre ». La recherche française est perçue par les intervenants comme plus collaborative : « In France, it is more community-oriented research » ou encore « Il y a aussi un aspect étrange de la recherche à l’étranger, que j’ai retrouvé pratiquement partout sauf en France. En France, la recherche est très collaborative ».

Cette prise de distance grâce à l’étranger peut être également l’occasion d’une remise en cause de sa propre situation, individuelle comme professionnelle. « Ce qui est important, c’est de se remettre en cause de se rendre compte qu’on est un petit rouage dans un énorme mécanisme et au niveau personnel, ce que ça apporte, c’est une perspective. »

Difficultés. Les problèmes administratifs, notamment l’obtention de papiers, ont été évoqués. Le départ à l’étranger peut s’accompagner d’un sentiment d’isolement. « Il existe des difficultés. Où que vous soyez, où que vous alliez, vous allez rencontrer des choses comme le racisme, dont vous serez peut-être victime, des différences culturelles qui sont pratiquement infranchissables. Si vous allez en Chine, cela va être dur. Si vous allez au Japon, vous serez toujours un étranger. Si vous allez en Amérique, vous serez très bien accueilli mais vous vous rendrez compte que vous êtes facilement isolés, très rapidement. »

Néanmoins, les difficultés rencontrées sont aussi au cœur de l’apprentissage. « La seule chose que donne une expérience à l’étranger, c’est une opportunité supplémentaire de découvrir une facette qui est de vous… j’ai appris beaucoup sur mes faiblesses et cela m’a rendu beaucoup plus fort sur beaucoup d’autres points »

Sur la question du retour. La question du retour se pose différemment en fonction du pays d’origine, de son caractère volontaire, et de la durée de l’expatriation. Pour les scientifiques, il existe des aides spécifiques pour rentrer, notamment via l’ANR mais pour cela, il faut déjà être en collaboration avec des laboratoires en France. Plus généralement, trouver un poste obéit aux mêmes mécanismes que lors du départ. « J’ai cherché du travail avec ABG, Science, Nature et encore une fois des candidatures spontanées. Par contre, mon travail que j’ai actuellement, je l’ai trouvé par mon réseau, par les laboratoires que je connaissais à Nantes qui m’ont donné des réseaux et des postes qui n’étaient pas encore sortis. »

Le retour peut également être difficile sur d’autres plans: difficultés administratives ou financières.  De la même manière qu’il faut s’habituer à un nouvel environnement au départ, une période de transition est nécessaire au retour.

Conclusion. A travers les témoignages des intervenants, ceux rapportés par Madame Gayda et les interventions des participants, on voit se dessiner la diversité des profils d’expatriation. D’une expatriation de quelques mois ou quelques années à ceux qui choisissent de rester et faire carrière ailleurs, le fait de partir à l’étranger, pendant ou après sa thèse, s’impose néanmoins de plus en plus comme une évidence. « C’est plus qu’un encouragement, c’est une obligation, à mon sens, de penser qu’un doctorant qui cherche à faire une carrière plutôt académique dans le futur, en tout cas pas se fermer de porte de ce côté-là, fasse une expérience à l’étranger ».

Ressources sur Internet

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Discussion

Une réflexion sur “Trajectoires : poursuivre sa carrière à l’étranger après un doctorat

  1. Merci pour l’article.

    Publié par Aktionjob | 8 mai 2014, 13 h 32 min

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