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Après-thèse, Enquêtes sur l'emploi des docteurs

Suivi des carrières à l’étranger des docteurs

Doctorat-PasseportLe doctorat est le plus haut diplôme de l’enseignement supérieur reconnu à l’international. Cela ouvre des opportunités d’emploi à l’étranger aux docteurs (voir notre table ronde du 18 octobre dernier « Trajectoires : poursuivre sa carrière à l’étranger après le doctorat« ), mais rend souvent plus difficile le suivi de leur devenir. Ces informations sont pourtant utiles aux structures qui ont contribué à la formation de ces docteurs, comme aux docteurs eux-mêmes.

Enjeux du suivi du devenir des docteurs à l’étranger

Suivre le devenir des jeunes chercheurs ayant obtenu leur doctorat en France avant de trouver un poste à l’étranger est important pour les structures d’accueil des chercheurs, qui souhaitent entretenir leur réseau à l’international, en vue de collaborations de recherche ou pour attirer les meilleurs étudiants étrangers. Il s’agit donc de maintenir le lien avec les docteurs afin qu’ils soient de réels ambassadeurs de la recherche française.

Les docteurs eux-mêmes ont tout intérêt à se renseigner sur le devenir de leurs prédécesseurs. Ils peuvent ainsi connaître les opportunités de recrutement des docteurs : types de postes accessibles après un doctorat, secteurs d’activité qui recrutent, pays attractifs pour les docteurs. De manière plus directe, les jeunes chercheurs peuvent aussi enrichir leur réseau scientifique et professionnel en identifiant les anciens doctorants de leur unité de recherche.

Pour cela, les rapports d’évaluation des laboratoires contiennent souvent les listes d’anciens doctorants, voire quelques informations sur leur poursuite de carrière. Les sites recensant les thèses, comme TEL, ou les docteurs, comme theses.fr, peuvent également être utiles. Avec le développement des sites web dédiés au réseau professionnel (Viadeo, LinkedIn, Academia.edu, etc.), il est souvent facile de retrouver ensuite la trace du docteur pour connaître son poste actuel.

Statistiques sur les carrières internationales des docteurs

Selon une enquête de la Maison des Français de l’Etranger publiée en mai 2013, 12% des français expatriés ont ou préparent un doctorat (voir pages 8 et 9 de l’Enquête 2013 sur l’expatriation des français). Parmi eux, 58% ont plus de 40 ans : le départ à l’étranger ne se limite pas à un postdoc suivi du retour en France.

Le cabinet de recrutement Adoc Talent Management a publié en septembre 2013 les résultats d’une enquête sur l’emploi des docteurs franciliens un an après leur soutenance : 995 docteurs 2012 de plusieurs établissements (Université Pierre-et-Marie-Curie, Université Paris-Est et écoles de ParisTech) ont répondu au printemps 2013. Il s’agit d’environ 8% des docteurs français, et environ un quart des docteurs franciliens, avec toutefois une sous-représentation des docteurs en sciences humaines et sociales. Cette enquête contient de nombreuses informations sur l’international : elle présente page 24 la zone géographique de l’emploi occupé en fonction de la nationalité des docteurs, propose page 45 un focus sur le devenir des docteurs étrangers, et liste en pages 50 et 51 les principaux pays ciblés en cas d’emploi dans le secteur public ou privé.

Plusieurs universités réalisent elles-mêmes un suivi du devenir de leurs docteurs, en particulier depuis la loi LRU, qui les a invitées à se doter d’un bureau d’aide à l’insertion professionnelle, dont une des missions est de présenter annuellement un rapport sur le devenir professionnel des jeunes diplômés. Les observatoires de l’enseignement supérieur qui préparent ces rapports sont regroupés au sein du réseau Résosup (voir en particulier la liste des observatoires). C’est généralement leur site web qu’il faut trouver pour accéder aux résultats des enquêtes emploi menées auprès des diplômés de l’établissement, et des docteurs en particulier.

Il y a quelques années, ces enquêtes des observatoires de l’enseignement supérieur négligeaient une partie des aspects internationaux, comme celle de l’Université de Marne-la-Vallée en 2001 (« les docteurs étrangers n’ont pas été enquêtés« ). En effet, il est souvent plus difficile de retrouver les coordonnées de docteurs partis à l’étranger, en particulier quand ils sont de nationalité étrangère et ont peu d’attaches en France : les taux de réponse sont alors bien moins importants que pour les docteurs français ou restés en France. Cependant, les paramètres liés à l’international sont de plus en plus disponibles, et permettent de constater des évolutions à la hausse de l’internationalisation du doctorat. Le travail de réflexion sur un tronc commun d’enquête sur le devenir professionnel des docteurs, mené par Résosup, devrait encore améliorer les choses à l’avenir : il prévoit en effet d’interroger systématiquement sur le pays de l’emploi occupé (pages 24 et 25), évoque la possibilité d’utiliser les données des établissements pour avoir accès à l’information de nationalité des docteurs interrogés (pages 10).

Même si les méthodologies des enquêtes actuellement disponibles ne sont pas toujours les mêmes, il est possible de trouver certains critères communs permettant d’esquisser des comparaisons et surtout de faire un suivi des évolutions temporelles. Voici un tableau de synthèse de plus de 20 enquêtes sur le suivi du devenir international des docteurs, qui devrait fournir un début de réponse aux interrogations de Pierre Dubois sur la mobilité des docteurs :

Doctorat-Suivi_devenir_international_docteurs

Ce tableau est modifiable en ligne si vous souhaitez ajouter des données. Plusieurs cases y ont été estimées de manière approchée à partir des données présentes dans les enquêtes, vous pouvez retrouver les formules utilisées en double cliquant dans les cases, et en parcourant le fichier source qui est indiqué en dernière colonne.

Cette synthèse de données permet de constater une évolution claire vers une plus grande mobilité internationale des docteurs, et la réduction des différences entre docteurs français et étrangers vis-à-vis de la poursuite de carrière à l’étranger.

Actualités du suivi des carrières des docteurs à l’étranger

Devant l’enjeu important, tant du point de vue quantitatif que qualitatif, que représentent désormais les carrières des docteurs français à l’étranger, de plus en plus d’acteurs s’intéressent à la question.

Deux amendements sur la loi relative à l’enseignement supérieur et à la recherche avaient notamment été déposés à l’Assemblée nationale, en mai 2013 :

  • les amendements AC102 et 125 proposaient de suivre le parcours des étrangers ayant obtenu leur doctorat en France.
  • les amendements AC101 et 170 proposaient de recenser les chercheurs français en poste à l’étranger.

Ils ont été retirés après que la ministre Geneviève Fioraso s’est engagée à traiter le sujet ultérieurement, afin de prendre le temps de la consultation pour identifier l’acteur approprié pour ces missions. Alors que l’ANR et l’AERES ont été cités dans les débats parlementaires, d’autres acteurs de terrain pourraient bénéficier des moyens et de la coordination nécessaires pour la mise en place de ces nouvelles missions : les écoles doctorales, qui maintiennent le contact avec leurs docteurs, les observatoires de l’enseignement supérieur qui suivent leur devenir professionnel, et les centres de services d’Euraxess, réseau européen d’accompagnement de la mobilité des chercheurs. Le groupe de travail « ALFRED » d’Euraxess-France dispose d’ailleurs déjà d’une base de données nationale sur les chercheurs étrangers, où s’inscrivent notamment les chercheurs doctorants qui bénéficient de l’accompagnement d’un centre de services Euraxess à leur arrivée en France.

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Discussion

Une réflexion sur “Suivi des carrières à l’étranger des docteurs

  1. En complément de ces données statistiques, l’enquête « La mobilité internationale des diplômés de doctorats français » de l’APEC et de l’IREDU (http://recruteurs.apec.fr/Recrutement/Marche-Emploi/Les-Etudes-Apec/Les-etudes-Apec-par-annee/Etudes-Apec-2014/La-mobilite-internationale-des-diplomes-de-doctorats-francais/La-difficulte-a-trouver-un-emploi-est-la-principale-cause-d-expatriation-des-jeunes-docteurs) fournit un éclairage intéressant sur les trajectoires et les projets des docteurs français partis à l’étranger, leur ressenti quant à leur niveau de compétences, ainsi que les facteurs à l’origine de leur départ.

    Publié par Philippe | 27 avril 2014, 8 h 02 min

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