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Comment rédiger un appel à contribution ?

Ça y est, on se lance : on organise un colloque. Mais si on veut voir du monde parler, il va falloir passer par une étape difficile, la rédaction de l’appel à contribution…

  • Un appel à contribution : c’est quoi ?

Un appel à contribution, c’est le petit texte qui présente et annonce le colloque. C’est littéralement le produit d’appel : il doit donner envie d’y participer, et susciter la réflexion de vos lecteurs — potentiels contributeurs ! Il faut donc le soigner, et proposer un cadre à la fois ferme et ouvert, pour laisser de la place à l’inattendu — mais pas trop. Votre appel est ainsi le menu du colloque lui-même : il doit donner envie de venir, mais sans couper l’appétit.

  • Les informations à mettre dans un appel à contribution

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Jeune chercheur se préparant à diffuser l’appel à contribution de son prochain colloque

Beaucoup d’informations doivent apparaître dans un appel à contribution: le titre du colloque doit apparaître lisiblement, et lui-même être en position de titre. C’est la première information qui sera lue, et qui amènera — ou non — une poursuite de la lecture. Il ne faut évidemment pas oublier les informations essentielles, comme les dates du colloque, la date butoir de remise des contributions, le lieu du colloque (ville et université), et si les frais de transport et d’hébergement seront pris en compte, surtout dans le cas des colloques internationaux (la plupart des colloques français défraient normalement leurs contributeurs pour des déplacements nationaux). Sans ces informations, le lecteur ou la lectrice ne peuvent pas savoir s’ils pourront répondre à l’engagement que constitue la réponse à l’appel. Si une publication est envisagée, pensez à le préciser, ce sera un gros plus pour recevoir des réponses.

Les modalités de réponse à l’appel sont essentielles : faut-il que vos contributeurs et contributrices vous envoient un exposé bio-bibliographique ? Les dossiers doivent-ils être anonymisés ? Quel est le nombre de signes attendus pour les appels ? Il vous faut également préciser, plutôt au début de l’appel, si le colloque est prévu pour les jeunes chercheurs, s’ils y sont les bienvenu·e·s, s’il faut être membre de l’association organisatrice, etc., c’est-à-dire toutes les conditions permettant de savoir si une réponse à l’appel sera d’emblée rejetée ou non. Si vous précisez clairement ces modalités, il sera bien plus aisé de répondre, et le tri des propositions sera lui aussi bien plus commode.

Précisez le comité organisateur, ainsi que le comité scientifique, s’il est déjà constitué : c’est un grand plus pour montrer le sérieux de votre démarche. N’oubliez pas de préciser une adresse électronique de contact, soit celle d’un·e membre du comité organisateur, soit une adresse dédiée, que vous aurez créée pour l’occasion. Si vous avez monté un site pour votre colloque, ne l’oubliez pas non plus, comme les visuels déjà choisis pour la communication (mais qui arrivent le plus souvent après l’appel).

  • Présenter l’appel à contribution

Votre appel doit être assez attractif : n’hésitez pas à poser un contexte de recherche — avec par exemple un rapide état de l’art de la question — qui permette de valoriser avec plus de relief la question ou le thème qui seront au centre de votre colloque. Présentez ensuite le thème le plus simplement possible : ce ne sont pas que les spécialistes qui liront votre appel, mais également des spécialistes d’autres champs proches, qui peuvent nouer un lien avec le thème de votre colloque. Cette présentation peut être un peu longue, et il est important qu’elle soit informée : citer des auteurs n’est dans ce cas pas un péché de name-dropping, mais clairement une aide pour vos éventuel·le·s répondant·e·s, comme pour les lecteurs qui pourront glaner quelques compléments pour leurs propres recherches : pensez à eux et à elles ! Une bonne part des appels comporte une bibliographie : elle n’est pas nécessaire à cette étape, mais elle peut compléter l’approche de non-spécialistes, et être d’une grande aide. Choisissez dans ce cas la brièveté et l’utilité : ce sont les titres les plus importants et les plus précis du champ de recherche qui doivent être choisis.

Il est assez courant de proposer des axes de recherches : selon votre fermeté organisatrice, ces axes peuvent être des propositions pour susciter des vocations contributrices, ou des limites fixes à la tenue de votre colloque. Si vous êtes déjà sûr·e de votre colloque, et que vous connaissez déjà une bonne partie des futures communications, vous pouvez choisir une forme plus assertive, mais n’oubliez pas de laisser la porte ouverte aux inattendu·e·s et aux insolites, qui sont souvent particulièrement enrichissante·s.

  • Diffuser son appel

La diffusion doit être à la fois large et ciblée : inutile de démarcher les instituts de physique pour un colloque de littéraires, mais ce serait dommage d’oublier les historiens qui peuvent apporter des éclairages essentiels à votre discipline… Vous devez d’abord le diffuser dans votre équipe d’accueil et votre école doctorale, pour tenir vos collègues au courant : ils sont les plus susceptibles d’être intéressé·e·s par votre appel, s’ils travaillent sur les mêmes sujets que vous ! Contacter les plateformes de diffusion habituelles pour vos disciplines — fabula pour les littéraires, calenda pour les sciences humaines sont des incontournables. Transmettez l’appel aux écoles doctorales d’universités, et pensez à activer votre réseau : non seulement les gens que vous connaissez seront plus susceptibles de transmettre l’appel à leur tour, mais c’est également un bon moyen de reprendre contact.

  • Quelques impairs à éviter

Pensez que vous lisez vous-même beaucoup d’appels, souvent en diagonale : personne ne prendra le temps de lire un appel trop long. Dépasser les deux pages, c’est présumer que vos lecteurs ont du temps, ce qui est une denrée bien rare pour les chercheurs actuels. Un appel qui tient sur une page est un must, mais bien difficile à atteindre… Gardez surtout l’essentiel : il vous faut être clair·e, lisible, et compréhensible. Vous n’avez pas besoin d’impressionner vos futur·e·s contributeurs et contributrices : ce n’est pas le meilleur moyen de les faire venir, et cela montre surtout que vous craignez vous-même de ne pas être assez légitime. Un colloque est un moment de sociabilité universitaire : l’appel est d’abord un appel à échanger et à communiquer. N’oubliez pas de le partager également dans vos propres réseaux.

Évitez de diffuser votre appel par courriel en le reléguant en pièce jointe, sans mention d’objet (avec le titre du colloque) ni de présentation dans le corps du mail : beaucoup n’ouvriront jamais la pièce jointe. Vous pouvez reproduire l’appel dans le corps du mail, ou en proposer un simple résumé, mais il faut avoir envie de regarder la pièce jointe pour le faire.

Et évidemment, n’oubliez pas la pièce jointe…

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