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SEME (Semaine d’Étude Maths-Entreprises) : l’avis d’un participant

VincentVongVincent Vong, doctorant en informatique d’Université Paris-Est dans l’école doctorale MSTIC, a participé cette année à la SEME organisée en avril à Marseille. Retour sur une expérience intéressante de confrontation de jeunes chercheurs à des problèmes soumis par des entreprises, alors que la onzième SEME aura lieu à Rouen du 13 au 17 octobre 2014.

Pouvez-vous nous présenter rapidement le sujet sur lequel vous avez travaillé ?

J’ai travaillé sur un sujet qui consistait à déterminer si une séquence de bits pouvait être considérée comme aléatoire.

Quels en étaient les enjeux ?

Pour des raisons de sécurité, il est important d’avoir un bon générateur de nombres aléatoires. Ainsi, avoir un bon test est de ce fait important.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

La définition même de ce que c’est qu’une suite l’aléatoire n’est pas simple, et la littérature à ce sujet est florissante. N’ayant que quelques jours et n’étant pas des spécialistes, il faut savoir faire le tri sur les différentes informations sur le sujet, en prenant le risque peut-être d’oublier des informations importantes.

Quelles méthodes mathématiques avez-vous utilisées ?

La notion d’aléatoire est intimement relié à la calculabilité, à la complexité. Ainsi, une des méthodes consistait à calculer une fonction sur une séquence, sachant que le comportement de la fonction pour une séquence aléatoire était d’une certaine forme, tandis que pour une séquence non aléatoire, la fonction avait un comportement totalement différent.

Quelles conclusions tirez-vous ?

L’expérience fut enrichissante, même si on ne peut pas appliquer directement ce que l’on sait à un problème, la façon de procéder est assez similaire à que je pourrai faire en recherche académique :

  • recherche bibliographique sur le problème et sur des thèmes voisins,
  • lecture diagonale d’articles pour garder ce qui serait utilisable,
  • test sur ordinateur pour des conjectures qu’on aurait pu avoir.

Il est à noter qu’il y a tout de même des différences sur certains points :

  • le temps est beaucoup plus court, une recherche académique s’étale sur au moins des mois, alors qu’ici on avait que quelques jours ;
  • les tests sur ordinateur ont « remplacé » des démonstrations mathématiques rigoureuses ;
  • le travail en groupe, qui change de la réflexion solitaire que l’on peut avoir en recherche.
Calanques

Les calanques, à quelques pas du CIRM où avait lieu cette SEME

Quel était le rythme de travail ?

C’était assez intense, on travaillait toute la journée, mais avec tout de même les traditionnelles pauses café ! Et si on le fait sérieusement, il n’y a pas trop le temps d’aller se balader ! Quoique, une petite promenade dans les calanques peut toujours donner de l’inspiration !

Comment le travail était-il organisé à l’intérieur de chaque équipe ?

Pour la « stratégie » de travail, il me semble que cela dépendait des groupes. Dans le mien, chacun avait ses affinités : certains étaient plutôt orientés analyse, d’autres étaient plus branchés algèbre. Ainsi, nous nous sommes regroupés suivant nos compétences, et chacun de ces groupes apportaient une solution différente au problème. Il est à noter que les personnes du même groupe avait tout de même des qualités complémentaires : souvent l’un était plus familier avec le problème, et les autres pouvait l’aider dans l’implantation informatique par exemple.

Malgré le travail de groupe, on peut souligner que nous gardions tout de même une grande indépendance : en effet, si on pensait qu’il faille exploiter une voie et que les autres n’étaient pas forcément d’accord ou se sentaient dépassés par cette approche, on laissait la personne faire son chemin, tandis que l’on continuait le nôtre si je puis dire. C’était un travail de groupe au sens où on se tenait au courant régulièrement des avancées de chacun et où nos qualités se complétaient, mais où finalement une bonne part de réflexion personnelle était présente.

Quel aura été pour vous le principal bénéfice de cette semaine ?

Malgré une formation purement académique, il est tout de même possible d’aborder des problèmes liés aux entreprises. Ceci dit, je ne suis pas sûr que la recherche en entreprise se passe dans les mêmes conditions que dans une SEME…

Comment recommanderiez-vous à des collègues thésards de participer à une SEME ?

Passer une semaine avec d’autres thésards, dans la joie, la bonne humeur, que demander de plus ?


 

Quelques liens et informations à propos des SEME :

D’autres événements à venir pour les jeunes chercheurs en mathématiques :

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